L’entrepreneuriat féminin : pourquoi en parler en 2025 ?
En mars, on parle d’entrepreneuriat féminin, mais pourquoi continuer? Chaque année, les chiffres reviennent, les discussions s’enflamment, et on fait le même constat : il y a encore des écarts.
Bien que je ne m’identifie pas pleinement au féminisme traditionnel, je reconnais le chemin parcouru par celles qui nous ont précédées. Personnellement, mon identité de genre n’est pas au cœur de ma démarche entrepreneuriale; je suis avant tout une personne qui veut faire une différence.
Les données récentes me poussent à poursuivre ma réflexion. L’Indice entrepreneurial québécois 2024 de Réseau Mentorat montre que le taux de femmes propriétaires d’entreprises est en baisse depuis 2018, atteignant 4,4 % en 2024, alors que celui des hommes continue d’augmenter.
Pourquoi? La charge des enfants? Encore en 2025? Oui.
Sachant ce constat, je me permets quelques pistes d’action.
1.Flexibilité organisationnelle accrue
Les entreprises ont un rôle à jouer en permettant aux femmes de concilier plus aisément leurs responsabilités professionnelles et personnelles.
2. Accès au financement
En affaires, le financement est un levier essentiel pour passer de l’idée à l’action. Pourtant, les entrepreneures continuent de faire face à des obstacles lorsqu’il s’agit d’obtenir des prêts ou des investissements.
3. Sensibilisation aux stéréotypes de genre
Ne tombons pas dans les raccourcis liés au genre. On peut les déconstruire et viser plus pour le milieu des affaires.
4. Réseaux de soutien
Étant PDG de l’EEB, je serais mal placé de ne pas parler de l’importance de l’entourage et de l’accompagnement. Le mentorat, les cercles d’affaires et les communautés d’entraide sont essentiels pour partager des expériences, des ressources et favoriser la montée en compétence des entrepreneures.
Des solutions, il y en a. Des discussions, il y en a. Alors pourquoi, après 15 ans, en est-on encore là? Qu’est-ce qui bloque réellement?
C’est la vraie question. Qu’est-ce qui, dans nos sociétés, nos organisations, nos structures de pouvoir, fait en sorte que les mêmes obstacles persistent?
Parce que la culture d’entreprise et les modèles de réussite sont encore largement pensés par et pour une majorité masculine? Parce que, malgré les avancées, le poids invisible des responsabilités domestiques continue d’influencer les choix professionnels des femmes? Qu’est-ce que ça prend pour que ça change vraiment?
Plus qu’une simple prise de conscience, il faut une transformation structurelle. Moins de bonnes intentions, plus d’actions concrètes. Pas seulement de la place pour les femmes dans l’entrepreneuriat, mais une réinvention des conditions de succès pour qu’elles puissent y évoluer pleinement, sans compromis invisibles.
Alors, en 2030, écrira-t-on encore le même texte? Ou verrons-nous des cohortes EEB paritaires ou même avec une majorité d’entrepreneures?
Serons-nous en mesure de renverser la tendance et stimuler la place des femmes en entrepreneuriat?