Entrepreneurs Inspirants

Les chiffres et l’entrepreneuriat, un match parfait?

Copié
Louis Charles Lahaie

Pour bien des entrepreneurs, les chiffres sont souvent considérés comme un mal nécessaire. Pour d’autres, il s’agit plutôt d’une spécialité. C’est le cas de Louis-Charles Lahaie, entrepreneur-athlète de la cohorte Émergence G15 et fondateur de Lahaie Gestion financière. Dans cet article, nous découvrirons l’humain qui se cache derrière l’entrepreneur.

Pour faire une histoire courte, Louis-Charles est passionné d’automobile, de gastronomie et de… death metal. Il a grandi en banlieue de Québec dans une famille de la classe moyenne, entouré d’amis un peu – parfois beaucoup - plus délinquants que lui. Adepte de psychologie et d’introspection, il attribue son intérêt pour l’entrepreneuriat à un besoin de prouver sa valeur aux autres et à lui-même.

«J’ai grandi dans un contexte assez particulier, alors développer une bonne confiance en moi a été tout un défi. Curieusement, l'argent a la capacité de nous donner une illusion d'estime de soi, alors c’est bel et bien en me faisant vanter les revenus de certains conseillers financiers que j’ai décidé de me lancer dans le domaine en janvier 2016. Cependant, l’atteinte d’un certain confort et mon récent entourage d’entrepreneurs m’ont vite fait réaliser qu’on ne fonde pas une compagnie d’envergure dans le seul but de faire des sous. Si le lancement de Lahaie Gestion financière était basé sur des intérêts financiers, sa croissance, elle, est propulsée par une mission bien plus épanouissante.»

1. Comment conjuguer l’intuition entrepreneuriale et la gestion financière?

      L’entrepreneur est un animal particulier : on prend d’importants risques, mais une fois que ces risques payent, on accumule parfois trop. Je présume que pour un fondateur, c’est normal de ne pas vouloir revivre le stress financier de ses débuts, et pour un repreneur, le réflexe est de préserver ce qui a été bâti par le passé. Dans les deux cas, il faut viser l’équilibre : conserver suffisamment pour notre sécurité financière et celle de nos proches, tout en réinvestissant pour assurer la croissance et la pérennité de notre organisation.

      2. Comment gérer les finances de votre entreprise et sa croissance?

          Cordonnier mal chaussé, j’ai tendance à garder un fonds de roulement trop important pour mes besoins. J’imagine que devoir emprunter de l’argent à mon petit frère à mes débuts m’a traumatisé (rires). Dans le même ordre d’idées, j’adore aller chercher un maximum d’aide gouvernementale et de subventions pour financer ma croissance. D’importants investissements s’en viennent, alors je prends toute l’aide qui s’offre à moi et j’encourage tous les entrepreneurs à faire de même. Lorsque l’on crée réellement de la valeur, on ne se sent pas imposteur.

          3. Travailler avec des entrepreneurs, être entrepreneur et faire de la gestion financière… À quoi ressemble votre quotidien à travers ces différents chapeaux?

            Pas de veston ni de 8 à 5 chez Lahaie GF. Quand je quitte le condo le matin, c’est rarement pour aller au même endroit que la veille, et je porte des vêtements de sport, car le gym suivra vers 10h00. Je prends mes courriels dans un petit café et je chat avec mon adjointe sur Teams.

            95% de mes rencontres se font en ligne, à partir de chez moi ou de l’une de mes places d’affaires à Québec, Montréal ou Chicoutimi. D’ailleurs, Lahaie Gestion financière travaillait à distance et sans papier bien avant la pandémie, car nos clients sont partout dans la province. Le pragmatisme et l’efficacité sont au centre de tous nos processus.

            Enfin, je passe une journée par semaine à former de nouveaux conseillers qui assureront notre présence auprès d’une clientèle plus jeune. Fini le one-man show.

            4. Qu'est-ce qu'une bonne gestion financière?

              Pour un entrepreneur ou un professionnel incorporé, c’est lorsque le conseiller et le comptable du client se parlent et se comprennent. C’est aussi une approche qui fait appel à tous les outils d’investissement: non seulement les valeurs mobilières, mais aussi les fonds communs, les régimes de retraite individuels et l’assurance de personnes. Pour moi, l’efficience fiscale des produits d’investissement doit être au centre de tout, car à quoi bon battre le marché si la moitié de notre rendement – et parfois même plus – disparaît en impôt?

              Enfin, une bonne gestion financière, c’est quand le client prend des décisions basées sur les chiffres et non pas sur des idées préconçues, en investissant toujours dans ce qu’il comprend, grâce à un conseiller qui vulgarise et qui est capable de prouver la plus-value de ses recommandations.

              Que retenez-vous de l'EEB à l'approche de la fin de votre programme?

              Premièrement, je veux remercier Gabriel Bolduc (Émergence G12) et William Giroux (Émergence G13) de KaseMe, deux amis qui sont passés par l’EEB et qui m’ont convaincu de m’y inscrire. Aussi, un merci spécial à Éric-Michel Hallé, coach et humain exceptionnel.

              Quelques rares questions soulevées durant les séjours demeurent sans réponse, mais l’École m’a fait découvrir la vraie raison derrière l’existence de Lahaie Gestion financière : influencer positivement les professionnels et les entrepreneurs dans leur relation avec l’argent, en mettant en place des stratégies fiscalement performantes, sophistiquées et novatrices.

              En ce qui concerne ma propre raison d’être, je vais m’en tenir à « influencer positivement »… et ça aussi, c’est à l’EEB que je l’ai appris.

              Partager cet article avec votre équipe
              Copié